Stéphanie Félix, de Pont-Aven à Lathus

Tout commence le 19 janvier, jour où la commission nationale de descente a mis en ligne les annexes du règlement 2015: là, j’ai eu une mauvaise surprise car la limite des points à ne pas dépasser pour être sélectionné pour une course nationale avait beaucoup baissé, passant de 500 points les années précédentes à 350 points cette année pour ma catégorie. Sachant que je me situe en général entre 350 et 400 points quand je fais une course correcte, la sélection pour les courses nationales 2015 risquait de ne pas être évidente. A ce moment-là, j’étais créditée de 352 points au classement numérique national (ces points du classement numérique national correspondent à la moyenne des points obtenus aux 4 meilleures courses réalisées au cours des 12 derniers mois). 352 points, cela signifiait que je ne pouvais pas participer aux courses nationales et notamment à celle de Lathus prévue le 22 février. Je comptais donc beaucoup sur les 2 courses (la classique et le sprint) du Rio à Orléans le 7 février pour essayer de réaliser une bonne performance et peut-être me permettre de faire passer ma moyenne sous la barre des 350 points. Aussi, quand, début février, Thomas de Boysson m’a annoncé que les courses du Rio étaient annulées, j’ai été très déçue car j’avais vraiment envie de participer à la course nationale de Lathus (j’en ai gardé un très bon souvenir il y a 2 ans car c’était ma 1ère course nationale, ma 1ère course en eaux vives et c’est là que j’avais décroché ma sélection pour les championnats de France 2013 sur le Chalaux). J’ai donc cherché sur le calendrier national de descente les courses qui restaient avant celle de Lathus: il y avait 2 courses régionales le dimanche 8 février (près de Niort et dans la Marne) mais je n’étais pas disponible ce jour-là; il y avait aussi 2 courses interrégionales le week-end du 14 et 15 février à Pont-Aven (classique le samedi et sprint le dimanche) mais j’avais des rendez-vous le samedi matin. J’ai passé quelques jours à me demander quelle option choisir: ne pas faire de course et abandonner l’espoir d’être sélectionnée pour Lathus OU ALORS faire le déplacement à Pont-Aven uniquement pour le sprint du dimanche tout en sachant que faire baisser ma moyenne sur un sprint serait très difficile car je suis peu efficace sur les courses courtes. Finalement, après avoir tergiversé, j’ai décidé de tenter ma chance à Pont-Aven sur le sprint du dimanche (je pense que j’aurais regretté de ne rien avoir essayé pour passer sous la limite des 350 points). Je suis donc partie pour le Finistère (après avoir dû gérer un dernier imprévu avec mes barres de toit) pour découvrir l’Aven. Le parcours du sprint se trouvait un peu en amont du bourg de Pont-Aven, sur le site du moulin du Plessis. Il débutait en amont d’une passe à poissons et continuait sur un parcours assez étroit de classe II où il fallait serpenter entre des arbres qui poussaient dans le lit de la rivière et des rochers, sur une rivière dont le niveau était assez bas. Ce parcours était plaisant à descendre; j’ai eu l’impression de faire une bonne 1ère manche mais j’ai finalement été déçue quand les premiers résultats ont été affichés car, au niveau du temps, j’étais loin derrière les autres compétiteurs (des Bretons pour la plupart qui sont de très bons descendeurs, ainsi que quelques personnes des Pays de la Loire). Entre les 2 manches, j’ai pu profiter du beau temps pour aller me promener à pied sur une petit sentier qui menait au centre de Pont-Aven. Ensuite, j’ai fait une 2ème manche moins bonne que la 1ère car j’ai heurté un rocher. Etant la seule dans ma catégorie, j’ai ramené une médaille. J’étais contente de ma journée (malgré le long déplacement) car je m’étais fait plaisir pendant les 2 manches mais j’étais pessimiste sur les points gagnés lors de cette course. Une fois rentrée, le dimanche soir, j’ai consulté les résultats avec les points sur le site de la fédé, j’ai recalculé mes points pour le classement national (car le classement numérique national n’est pas mis à jour immédiatement) en prenant en compte ceux que j’avais obtenus à Pont-Aven et je suis arrivée à une moyenne de 349 POINTS, soit juste sous la barre des 350 points demandés. Le classement numérique national a été mis à jour le lundi et j’ai pu m’inscrire à la course de Lathus le lundi soir. J’étais extrêmement contente car c’était l’objectif que je m’étais fixé et il n’avait pas été facile à atteindre. Je suis donc partie samedi matin d’Orléans dans le véhicule de Chartres qui contenait 3 personnes de Chartres, 1 de Bonneval (28), 1 de Cloyes sur le Loir (28) et qui a pris sur la route 2 personnes de Chateauneuf sur Cher(18). Noux étions donc 8 pour représenter l’Eure et Loir, le Cher et le Loiret. Nous sommes arrivés à Lathus en début d’après-midi: il avait beaucoup plu la veille et le débit de la Gartempe était plus important qu’il y a 2 ans. Nous avons été reconnaître la rivière (avec un embarquement sous une averse de grésil) et nous avons testé le chemin pour remonter du débarquement jusqu’à la route (le terrain était détrempé et très boueux: ce n’est pas facile de remonter le wavehopper sur un chemin aussi pentu et glissant!). Après un repas et une nuit passée au Centre de Plein Air de Lathus, j’ai pris le départ de cette course nationale classique qui comptait 395 inscrits. Après une erreur de trajectoire au niveau du premier rapide (ma pointe avant s’est retrouvée dans un contre-courant, ce qui a fait pivoter mon bateau et j’ai amorcé le rapide en marche arrière; j’ai donc fait un bac pour rejoindre un contre-courant puis reprendre la rivière en marche avant), j’ai passé correctement le Roc d’Enfer ainsi que les différents trains de vagues qui ponctuaient la suite du parcours. Je finis la course loin derrière l’autre concurrente de ma catégorie (qui n’est autre que la championne de France 2013 et la vice-championne de France 2014 en classique chez les kayaks dames vétérans) mais j’ai navigué avec plaisir sur ce parcours et je ne fais pas le moins bon temps de la course. Je pense que naviguer en wavehopper est une bonne option pour les courses nationales étant donné mon petit niveau en eau vive. En résumé, j’ai passé un bon week-end à la fois sur l’eau mais aussi avec les kayakistes du Cher et d’Eure et Loir.

Stéphanie